
Soudain, un bruit de pas furtif la glaça : quelqu'un arrivait.
Elle retint sa respiration. Sur les pavés, l’ombre allongée d’une silhouette glissa silencieusement.
C’est lui, jugea-t-elle. Comme prévu, il suit Rolo, Rolando !
Peu après, la jeune détective sortit à son tour de l’obscurité du porche, rasant les murs, elle fixait le dos de l’homme en essayant de ne pas le perdre de vue tout en évitant de se rapprocher. À l'improviste, elle décida de changer de trottoir. Plus en avant, Rolo marchait sans hâte. À un moment, il s’arrêta et se retourna pour observer. L’ombre des maisons ne lui permettait pas de bien distinguer alors il repartit d’un pas plus rapide.
Maintenant, il est pressé de rentrer et doit m’en vouloir… mais à peine cette affirmation s’était présentée, la jeune détective pressentit que Rolo devait avoir opté pour une autre destination, car il ne suivait pas le parcours qu’elle avait imaginé.
Un coup de tonnerre la fit sursauter. L’orage s’annonçait. L’homme qu’elle filait avait levé les yeux et s’était retourné comme pour une observation à 360 degrés.
Juste à temps ! Elle eut le réflexe d’ouvrir la porte d’un café, hésitante. Au comptoir, quelques têtes la dévisagèrent.
Je rentre ou je sors, pensa-t-elle indécise.
Au travers de la vitrine, elle l'aperçut qui repartait. Il était jeune, moins de 30 ans, ses cheveux bruns étaient courts, la peau de son visage était très pâle.
Qui est-il ?
Son intuition l’avertit qu’il s’agissait de la même personne dont elle avait senti le regard. Elle décida de redoubler de prudence.
C’était sa première filature. La sensation était magnifique !