Mon regard se pose, et j’observe sa tentative, de se déposer comme cela sans en avoir l’air, sur mes objets, eux aussi immobiles, au hasard de mes trouvailles et maintenant qui, arrivés là, un peu comme moi, rescapés et proches à réussir, mon atterrissage.
Avant tout, il s’agit d’un regard planant grâce au rajout des ailes. J’imagine que cela ressemble à un oiseau, de taille moyenne. Sa vision est le regard que je jette, suspendu, scrutateur, s’érigeant suivant les soleils d’un espace figé.
Ses ailes sont bien ouvertes, mais rassurez-vous, il évitera l’abat-jour liberty et le porte-pipes. Je n’ai jamais vraiment fumé, je faisais semblant pour l’odeur.
Mais revenons à ses ailes qui lui permettent de planer et de voir sous d’autres perspectives, et sans miroirs où il pourrait s’écraser, et mourir, car qui ne se souvient pas de l’oiseau en vol qui meurt contre le verre, attiré par son reflet.
Part et vient, encore un tour circulaire, avant le repli des ailes et le toucher, prendre position, pas toujours la bonne, en équilibre.
Voilà, il s’est posé et fixe ce vieux livre que je n’ai encore ouvert. Ce premier envol l’incite à repartir. L’essor reprend, élan facile, léger. Ses ailes déployées glissent sans ombres.
À propos de l’ombre des ailes, j’ai plusieurs théories, mais elles aussi coulent du puits de ma mémoire…
Je disais, ah oui, les ailes de mon regard, moteur sans bruit, d’un vol lumineux, sans l’ombre des cils.
Son vol s’appuie, frôle sans heurt, l’air du temps qui passe, sans grand frémissements et longueur pour ce qui est court, fragile.
Ses ailes bien ouvertes remuent le moins possible, en effet plus dense, l’air pensé se prête, à cette voltige des plumes, à sa caresse, mon regard sur mes objets, eux aussi immobiles, délaissés, mais soutiens utiles, futiles parfois, arrivés là, un peu comme moi, rescapés et proches à réussir, mon atterrissage.
@audeladulac