Impromptus fugitifs, reflets brisés, aux lueurs jaillir… deux yeux hagards fixent le noir, des yeux rougis de la bête prête à bondir. Sa peau un pur acier sous la pluie reluire, trois chiffres blancs brillent comme des dents. La nuit du mystère chuchote… Au frémir des fers vibre la chaudière, déroule défoule ses nerfs tendus crispés, fusent jets aigus sanglots émus sifflements pointus… À la poursuite des lignes parallèles le dernier voyage dérape machine en avant ferraille le vent. Et cogne sa cadence qui s’inscrit dans le silence, résonne son pas la nuit du transfert je suis l’escorte. Cela se passe plus loin au tunnel du vieux passage entend l’aube vagir.
Trop de gens peu de voyageurs mes habitués les vrais je les reconnais poussant leurs regards lointains, penchés dehors déjà partis au-delà des vitres. Voici voilà l’heure de la béquille qui soutient membres grelin grêla, un thé dansant au bal des vains regrets… Les songes vibrants vissés dans l’os le cœur ses chaînes fort oscille. Leurs chants rouillés m’oppressent tousser aride chasser la sécheresse. Une grande soif m’agite une soif rapide dans la hâte des wagons que je tire une envie pour tout avaler n’importe quel alcool pourrais absorber, au fond remue la lie quand je vois la vie sombrer dans de profonds cocktails glacés avec les fruits et le parapluie.
Assez ! Mes épaules remuent toutes seules. Je me suis rassise. C’est toujours ainsi quand j’arrive ma place est déjà prise… J’avais oublié pourquoi j’étais présente, mes douleurs les sous qui manquaient. Ces images me hantent, elles se sont mises à bouger, par la fenêtre il me semblait de revoir le passé. Clignent ces yeux qui figent l’instant dans la glace… Apostrophe, moi ces traits ce pauvre reflet ? Le film anime jeunesse du briefing au piercing l’homme galopant centaure d’un réseau sans croix ni étoiles, miroirs mi noir mi gris roses minois… Cruelles, à vous rouler les épaules continue, personne ne fait plus attention, alors viens chante tangue ma vie.
Vivre seule mais j’aime les gens, la chair désire ses feux sauvages l’arc-en-ciel ses jeux colorie. Avant j’avais un chat plaisirs la vie belle de beaux habits bijoux étincelles. Je voulais mes lendemains bercés dans les velours, je connaissais ces rivages où promènent l’amour, je commandais deux trois soupirs grenats, l’ami qui m’aidera, un rire vrai m’éveillera. Je devrais changer tu m’as dit, mais personne n’a compris la sombre tragédie du verni qui ne tient pas. Mes gazouillis poussent bricoles aux lumières la farandole mes rêves aux ralentis. Dans la courbe grince le convoi le fond se tord se plie mais ne se brise pas, alors viens chante tangue ma vie.
Dans ma coquille extensible les gens rapetissent personne n’est prêt il faut toujours recommencer. Le passage est étroit on ne passe pas comme ça. Le voyageur va de l’avant, inquiet même le savant, bagages énormes, encombrements, le crâne plein de tourments. La rage au cœur les tripes en flammes, halte-là ! Faut tout balancer, la frime en or et leurs souliers. Puis ces intérieurs encastrés, rien ne cède tout est carré. Le train accélère, répète que c’est fini, que c’est fini, fini ! Pourquoi sont-ils tous sourds ivres sans remords ? Je bouffe tout cela : pensées vieilles fripes digère bagages chahuts tapage dévore leurs équipages les fruits et le parapluie.
Tremblements au fond d’épais brouillards répriment les sursauts d’éphémères vagabonds. Vos os serrés ampleurs compriment effleurent sans rimes. Le corps réduit encore se défend, les mains accrochent rouges cris reproches. Encore un peu mes flashs retenir, ma vie fuit laisse adieux non-dits brisés s’éparpille… sanglots aigus ému l’écho au travers du boyau le moi s’en va… je n’ai pas fini mes infinis mes disparaître mes recommencer pour ne pas renaître. Et voir là aux lueurs jaillir la braise dans sa houle un soleil tout debout ! Savoure ce ciel les âmes appellent pour éclore dans un si ! Cela se passe plus loin au tunnel du vieux passage entend l’aube vagir.